2Flui, l’artiste qui mêle graffiti et calligraphie pour sublimer la lettre

Nohô

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On Wednesday 21 January 2026 at 11:13

2Flui, l’artiste qui mêle graffiti et calligraphie pour sublimer la lettre.

Découvre l’univers de 2Flui, artiste passionné qui mélange graffiti et calligraphie pour sublimer la lettre. Une rencontre autour de l’art urbain, de la création et du geste.

Peux-tu te présenter ?

Je suis Cyril, connu sous le nom de 2Flui. Je suis artiste spécialisé dans la lettre, notamment dans l’embellissement de la lettre. Ça fait environ 25 ans que je pratique. Je suis basé en région parisienne, plus précisément du côté de Pontoise.

Comment est née cette passion pour le graffiti et la lettre ?

Ma passion est née dans les années 90, et ça a commencé par le tag. Je me suis intéressé à ça quand j’ai commencé à prendre les transports en commun. Comme je n’étais pas quelqu’un de très à l’aise à l’oral, ni quelqu’un qui aimait trop parler, j’ai trouvé que c’était un bon moyen de me montrer sans qu’on sache que c’était moi.

À l’époque, l’idée c’était de taguer dans les rames de métro, dans les trains. C’est vraiment comme ça que tout a commencé.

D’où viennent tes influences et tes racines artistiques ?

Au départ, c’est simplement le fait de voir les autres le faire dans les trains, sur les voies ferrées. Quand tu circules en région parisienne, tu vois énormément de fresques, de tags, de signatures… et forcément ça attire. Je me disais : “C’est intéressant comme pratique”, et ça m’a tout de suite parlé.

Mais ensuite, il y a eu un moment clé :
Lors d’un voyage en Tunisie, vers l’an 2000, je suis tombé nez à nez avec un calligraphe traditionnel. Je suis resté plus d’une heure dans son atelier à le regarder travailler, à discuter avec lui. En rentrant en France, je me suis mis immédiatement à la calligraphie.

Quand j’ai eu mes enfants, j’ai fait une grosse pause avec le graffiti. Pendant 6 ou 7 ans, je ne faisais plus que de la calligraphie à la maison, souvent pendant qu’ils dormaient.
Puis je suis revenu au graffiti… et naturellement, j’ai mélangé les deux cultures : celle de la rue et celle de la calligraphie.C’est vraiment ce mélange qui a créé mon style d’aujourd’hui.

Quel a été ton parcours professionnel ?

À la base, j’étais graphiste, puis je suis devenu directeur artistique. J’ai même monté ma propre agence. J’ai vécu comme ça pendant une vingtaine d’années, avec toujours cette pratique artistique à côté.

Et puis il y a environ 15 ans, je me suis dit : “J’en ai marre d’être assis dans un bureau. On retourne dehors.”

Pendant cinq ans, j’ai fait les deux en parallèle : mon activité pro et le retour progressif dans la rue. Et puis tout a basculé. Depuis 7-8 ans, je vis pleinement le côté artistique, à 100 %.

Tu crées sur quels supports ?

Je n’ai pas vraiment de support de prédilection.J’aime tous les supports.

Je peux aussi bien peindre sur un train avec une surface énorme, que sur un sol de 200 mètres de long, ou encore sur une plage en grattant le sable avec un râteau.

Mais si je dois être honnête, ma préférence va au travail au sol. Parce que ça engage tout le corps. Il y a quelque chose de très physique, de très immersif dans cette pratique.

Je fais aussi des toiles, et parfois je les fait même au sol puis je découpe ces toiles pour créer des fragments, comme des morceaux de sol, qui peuvent ensuite être accrochés chez les gens.

As-tu une œuvre dont tu es particulièrement fier ?

Oui. C’est une œuvre à Saint-Brieuc. On m’a donné carte blanche sur un mur d’environ 15 mètres de haut sur 10 mètres de large. C’est une pièce forte pour moi, et clairement l’une de celles dont je suis le plus fier aujourd’hui.

Qu’as-tu envie de partager sur Nohô ?

Ce que je souhaite partager, c’est plutôt le travail en atelier que le travail dans la rue. Dans la rue, les gens peuvent me croiser par hasard. Mais entrer dans mon univers d’atelier, voir ce que je produis, comprendre la démarche… c’est beaucoup plus rare.

Grâce à Nohô, je peux inviter des gens à venir découvrir cet univers-là. Je veux qu’ils puissent voir comment mon travail d’atelier est directement issu de ma pratique de rue.

J’accueille tout type de public, même les enfants. On peut même faire une petite initiation, donc il y a une vraie immersion dans mon univers artistique.

Conclusion

À travers son parcours, 2Flui incarne une approche singulière de l’art, à la croisée du graffiti, de la calligraphie et de la recherche autour de la lettre. Son travail raconte une histoire de patience, de geste, de transmission et de transformation.
Les rencontres proposées sur Nohô deviennent alors bien plus qu’une simple visite : ce sont de véritables immersions dans un univers artistique authentique, vivant et profondément humain.

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