Anne-Alice, Hôte Nohô à Paris : de la librairie à l’écriture théâtrale, quand tout devient possible

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On Friday 23 October 2026 at 11:33

Anne-Alice, Hôte Nohô à Paris : de la librairie à l’écriture théâtrale, quand tout devient possible

Il y a des parcours qu’on ne planifie pas, et qui finissent pourtant par ressembler à une évidence. Celui d’Anne-Alice a commencé dans une petite librairie de quartier. Quelques années plus tard, elle recevait chez elle une bonne partie du monde littéraire français. Libraire, agent littéraire, organisatrice de soirées littéraires, éditrice, et depuis sept ans autrice de théâtre : elle a vu naître des livres et des pièces de tous les côtés. À Paris, elle propose sur Nohô deux rencontres pour découvrir les coulisses du livre, ou apprendre à écrire une pièce de théâtre.

Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Anne-Alice et j’ai une formation littéraire. J’ai d’abord été libraire, puis je suis devenue responsable d’un salon littéraire dans les années 2000. J’y ai découvert énormément d’écrivains. Cette aventure humaine n’était pas du tout prévue, elle est arrivée comme ça.

Au fil des années, j’ai reçu chez moi, lors de conférences et de lectures, ce qui se faisait de mieux dans l’édition : des attachés de presse, des responsables du Centre national du livre. C’était très impressionnant au début. Sans l’avoir cherché, je suis devenue une sorte de Madame de Staël des années 2000.

Grâce à ce réseau, je suis ensuite devenue éditrice et je me suis occupée d’un département de recueils de nouvelles chez Gallimard. Puis la vie m’a fait prendre un autre chemin : j’ai décidé d’écrire des pièces de théâtre, et c’est ce que je fais aujourd’hui.

Comment t’est venue cette passion pour l’écriture et la littérature ?

Par la lecture. Je lisais tellement que j’ai fait une formation de libraire pour vendre les livres que j’aimais. J’ai fait mes classes dans une petite librairie de quartier, et tout est parti de là.

Un jour, j’ai demandé à un écrivain de venir donner une petite conférence à la librairie, et tout s’est enchaîné. C’est un parcours atypique : personne ne peut prévoir qu’il rencontrera tous les écrivains français chez lui.

Qu’est-ce qui bloque le plus de personnes qui rêvent d’écrire, et comment les aides-tu à franchir le pas ?

Avec les années, j’ai gagné en expérience. Aujourd’hui, je reçois des manuscrits de jeunes plumes, plutôt à titre amical. Je leur demande dix pages, et grâce à mon habitude de lire et d’éditer, je repère vite les points faibles : la grammaire, le rythme. Une bonne idée, c’est bien, mais la traduire à l’écrit n’est pas si simple. Il y a des écueils, et je guide les auteurs pour les éviter.

Il y a quatre ans, j’ai découvert un jeune auteur, Léo, qui a tellement de talent que je l’accompagne pas à pas vers l’édition. Je le fais bénévolement et je l’aiderai jusqu’à ce qu’il soit publié. Il écrit des nouvelles remarquables et travaille dans le cinéma.

Que proposes-tu sur Nohô, et à qui s’adresse ta rencontre ?

J’ai deux annonces.

La première raconte mon parcours de vie. On peut être libraire de quartier un jour, et deux ans plus tard réunir tout le panel de la littérature française. Le message, c’est que tout est possible. On apprend au fur et à mesure, en vivant des choses qu’on n’avait pas prévues, et on se découvre parfois à la hauteur sans le savoir. J’y raconte aussi des anecdotes amusantes : certains auteurs aujourd’hui très célèbres avaient à peine vingt ans à l’époque, comme Florian Zeller, avec qui je suis toujours en contact. Il faut savoir saisir les occasions et les repérer dans la vie.

La deuxième est beaucoup plus technique. Quel que soit son âge, quand on veut écrire, il y a des étapes à suivre. Je fais par exemple des ateliers d’écriture pour les enfants de 7 à 11 ans. On commence par un brainstorming pour trouver le thème et poser des mots-clés : sur quoi a-t-on vraiment envie d’écrire ? Puis on cherche le message, que l’on doit pouvoir résumer en une phrase.

Vient ensuite la technique du théâtre, qui est ma spécialité. Je peux lire des manuscrits de toute nature, mais pour la technique, c’est le théâtre : la structure en actes, les scènes à l’intérieur de chaque acte, le rythme, et ce moment de bascule qui va changer la vie des personnages. Je présente aussi le fonctionnement du théâtre français, entre théâtre privé et théâtre public. Quand j’ai commencé, je ne connaissais rien à tout ça et j’ai fait beaucoup d’erreurs. L’idée, c’est que la personne qui vient me voir aille plus vite que moi grâce à mon expérience. Et si une pièce doit être portée sur scène, j’ai désormais le réseau pour l’encourager, mais c’est une option.

Quels sont tes grands projets pour les mois à venir ?

On m’appelle la femme aux mille idées, ou la fée, j’ai deux surnoms. J’ai trois pièces en préparation, dont une pour Avignon 2027.

Celle-ci est entre les mains d’un metteur en scène et d’un comédien. C’est une pièce engagée sur le créateur de la Sécurité sociale, avec un message : souvenons-nous pourquoi nous avons une carte Vitale et comment tout cela est né.

La deuxième s’appelle Jarvis. Elle est en lecture, avec quatre personnages et une marionnette. La troisième s’appelle Jim et raconte l’histoire du rocker Jim Morrison, trois jours après sa mort. C’est une pièce un peu onirique.

Quand un parcours inattendu devient une invitation

Sur Nohô, certaines rencontres donnent envie de se lancer. Celle d’Anne-Alice en fait partie. Que vous soyez lecteur passionné, apprenti auteur ou simplement curieux des coulisses du livre, une heure avec elle à Paris montre qu’on peut arriver là où on ne l’avait pas imaginé, à condition de saisir les occasions. Et peut-être repartir avec l’envie d’écrire votre première scèneAnne-Alice

Et si comme Anne-Alice vous partagiez votre passion sur Nohô ? Créez gratuitement votre annonce en moins de 3 minutes.

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